Les associations humanitaires témoignent sur le Covid à Villejuif
Conseil municipal du 29 septembre 2020 (2)

La séance du Conseil municipal est suspendue pour entendre trois associations humanitaires sur la situation « Covid » : la Croix Rouge, le Secours populaire , l’Épicerie solidaire.

 

Curieusement, le maire n’a pas choisi les 3 associations qui avaient reçu un soutien financier, lors du Conseil municipal du 23 juillet, 50 000 euros au total. L’association Initiative des Femmes du Val de Marne (animée par notre élue Mariama Belin , déléguée au Handicap) était remplacée par la Croix Rouge ! Or ces femmes, comme les autres, avaient préparé leur intervention et sont reparties amères. Un joli loupé.

Le débat n’en fut pas moins passionnant. La Croix Rouge, structurée logistiquement au niveau départemental, a souligné combien, pendant le confinement, cette solidarité géographique a démultiplié ses moyens d’action, en particulier pour l’aide aux personnes des squat (comme aux Hautes Bruyères). Pour eux, c’était un travail nouveau : ravitailler les précaires dans une épidémie. Mais ils ont aussi rappelé que leur travail habituel, par exemple les secours en cas d’accident, était encore plus compliqué du fait du confinement.

Béatrice, pour le Secours Populaire, et Élisabeth, pour l’Épicerie solidaire, ont rendu des témoignages très convergents. D’abord l’explosion des recours : le confinement a ruiné les travailleuses et travailleurs précaires, qui d’un coup se sont retrouvés sans argent, et ont commencé à faire la queue devant le Secours Pop ou l’Épicerie.  Du moins : celles et ceux qui en connaissaient l’existence et pouvait se déplacer.

Ensuite l’extraordinaire solidarité des gens, voisins ou commerçants y compris certains supermarchés (pas tous),  qui donnaient leur temps, de l’argent, des provisions. L’abondance des dons des supers, par palettes entières, a d’ailleurs posé un problème logistique : où les mettre ? Les locaux sont trop petits. De plus, il a fallu aussi distribuer des produits frais. Les 50 000 euros de subvention sont bienvenus pour acheter des frigos.

Enfin la solidarité, la mise en réseau entre les associations elles-mêmes. Par exemple pour contourner les bizarreries réglementaires : on ne peut pas bénéficier en même temps des Fonds européens et de la Banque alimentaire ! Mais les secours circulaient de façon fluide grâce à la coopération entre associations humanitaires.

 

Le débat qui s’ouvre permet d’abord à tous les groupes municipaux de remercier les associations avec effusion. Même la représentante de Villejuif Rassemblée (principal groupe de la droite) , qui avait tempêté le 23 juillet contre l’attribution des subventions aux humanitaires , tient à préciser qu’elle ne  « critiquait que lA forme et non le principe de ces subventions ». Mais comme elle le fait très agressivement, personne ne comprend qu’elle est en train de présenter ses excuses, en fait.  Et sur la forme, on ne perd pas de temps à lui rappeler une nouvelle fois que les budgets alloués ont été minutieusement préparés par la Commission municipal de solidarité, mise en place le 20 avril, composée à la proportionnelle du Conseil municipal et présidée par le maire-adjoint à la solidarité de l’équipe le Bohellec !

 

Pour Villejuif-Écologie, je salue le travail de ces associations qui ont permis à la communauté villejuifoise de « tenir » quand les pouvoirs publics étaient défaillants. J’évoque mon séjour à Cordoba, en Argentine, pendant le « Corralito », quand la monnaie avait disparu : là aussi ce sont les « coopératives sociales » qui permis à la société de survivre. Celles qui servaient des soupes populaires ont dû passer en quelques jours de 100 repas à 3000. Ce gonflement n’a été possible que grâce à la souplesse du mouvement associatif, qui permet de mettre au travail immédiatement les bénévoles qui affluent : ce n’est pas possible pour une structure municipale telle que le CCAS.

 

Mais il reste un problème : le Secours Populaire et l’Épicerie n’ont pu secourir que les familles qui allaient à leur local. Or beaucoup, par ignorance, ou par manque de force, n’ont pu se déplacer. Entraide Chats a pu découvrir des personnes âgées recroquevillées chez elles, complètement isolées. D’autres associations, comme les Brigades solidaires ou Initiative femmes du Val de Marne, avaient une autre démarche : marauder dans la ville pour rechercher et secourir ces personnes isolées.

 

Le débat se poursuit principalement sur  ces deux sujets :

  • Comment faire vivre en permanence, dans les périodes « calmes », ces associations, pour qu’elles puissent gonfler très vite et efficacement en période de crise,
  • Comment repérer les « trous dans la raquette », les personnes isolées qui ne reçoivent aucun secours.

Alain Lipietz

***

Le compte-rendu du Conseil municipal du 29 octobre 2020 est en trois parties.

  1. « Je porte plainte pour délit de favoritisme. » 
  2. Les associations humanitaires témoignent sur le Covid à Villejuif.
  3. Contrôle des loyers et Grand Orly Seine Bièvre.

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