On a testé pour vous : La piste cyclable sanitaire de la Départementale 7

Lundi : déconfinement ! Les transports en commun seront réduits à moins du quart de leur capacité par les règles de « distanciation sociale». Si l’on veut éviter d’énormes bouchons, une seule solution : le vélo. Le Département, qui gère l’ex-Nationale 7, s’y prépare. La région Ile de France aussi. Le maire de Villejuif ? Rien du tout.

 

Lors de la campagne municipale de mars dernier, les écologistes proposaient, pour la métropole du Grand Paris, un réseau d’autoroutes pour vélo, le « vélopolitain », comme contribution à la lutte contre la crise climatique et l’empoisonnement de l’atmosphère par les gaz d’échappements (8400 morts par an dans le Grand Paris, une centaine à Villejuif).

 

Cela paraissait fou ? C’était il y a deux mois. La crise du coronavirus a tout bouleversé. La région Ile de France offre 500 euros par mois pour l’achat d’un vélo électrique. Le département du Val-de-Marne aménage en vitesse quelques grands axes structurants sous le nom de « pistes cyclables sanitaires » : dont la Nationale 7 devenue « Route départementale 7 ». Le maire sortant de Villejuif ? Rien. Il est vrai qu’après avoir , contraint et forcé, accepté de faire de Villejuif une « Zone à Faibles Émissions », il n’a toujours pris aucune mesure pour l’appliquer.

 

Nous avons testé la piste de la RD 7.

 

Pas à dire, on n’a pas mégoté. A même la chaussée : une voie sur deux dans chaque sens réservée aux vélos, fermement marquée au sol, et par des plots en plastique à chaque carrefour et passage pour piétons !

C’est super confortable. Et cela, alors même que la RD7, refaite il y a quelques années, est flanquée de part et d’autre d’une bande cyclable sur le trottoir. On peut enfin traverser le KB dans le sens nord-sud, sans avoir à négocier avec les piétons, même si le marquage de la bande cyclable par un tapis  bleu peint sur le sol avait apporté un réel progrès. Et on n’a plus le casse-tête de la bande cyclable qui s’interrompt sans crier gare devant le métro Kremlin-Bicêtre.

Mais le maire sortant de Villejuif, faute de pouvoir la barrer, a laissée pourrir la bande cyclable, l’abandonnant aux garagistes qui y garent leurs autos, aux promoteurs qui l’ont défoncée et transformée en vélo-cross. Ils ne sont pas les seuls coupables : même en l’absence de travaux, par exemple au dela de Villejuif jusqu’à Chevilly-Larue, elle est parsemée de pitons et de poteaux de signalisation plantés en pleine piste !

 

Maintenant on roule continument sur la chaussée, dans une voie réservée. Espérons que les voitures, lundi, nous respecterons, que la police municipale nous fera respecter !

 

Quelques critiques (constructives !)

 

Au niveau de Villejuif, surprise : la voie sanitaire s’interrompt pour contourner…  la déviation de la bande cyclable que la palissade des travaux d’un promoteur a contraint de descendre du trottoir. Voilà comment ça se présente, comprenne qui pourra  :

Et tiens tiens ! Cette palissade de chantier qui « mange le trottoir » est couverte des fameuses affiches de campagne « Avec vous, Villejuif se révèle », cofinancées par le maire, le promoteur et le client, au risque de faire annuler les élections… et d’envoyer le candidat sortant en prison. Bizarre.

 

Arrivée rond-point devant l’entrée du cimetière de Thiais, la piste sanitaire s’interrompt. La bande cyclable du trottoir aussi, bloquée par un chantier.

 

La piste cyclable sanitaire n’est conçue que pour les travailleurs qui peuvent prendre soit à droite vers le marché de Rungis, soit à gauche pour le centre commercial Belle-Épine et plus loin la zone d’activité d’Orly. Bon, il ne s’agit visiblement pas de l’amorce d’un réseau cyclable « vélopolitain » qui permettrait enfin de passer sous les pistes d’Orly et de rejoindre Athis-Mons, Juvisy…

 

Autre problème : l’étroitesse de la piste — en fait moins large qu’une voie et encore rétrécie à chaque carrefour par les plots en plastique. Pour les vélos, c’est très suffisant, mais ça veut dire que les autobus ne peuvent pas s’y inviter : ils rouleront, comme les voitures, sur l’unique file de gauche. Ce n ‘est pas l’amorce d’un couloir réservé aux autobus, comme les écolos le réclament depuis des années entre Villejuif et le Kremlin-Bicêtre, pour alléger la saturation de la ligne de métro  M7 !

 

Est-ce là un choix du département ? A-t-il craint que le voisinage des autobus et des vélos sur une seule file ne provoque des accidents ? Ou que la mise en place provisoire d’un couloir réservé aux autobus et aux vélos ne devienne un « droit acquis » à la fin de l’épidémie de coronavirus ? « La RD7 d’après » sera-t-elle le retour à la RD 7 d’avant ? Faute de concertation ou d’une large campagne d’explications, on n’en sait rien pour le moment.

 

Dernière  limite : le réseau des pistes cyclables sanitaires du département ne prevoit rien pour traverser Villejuif d’est en ouest, ni vers Arcueil ni vers Ivry, Vitry ou Créteil.

Lors de la conception du Plan vélo, élaboré à Villejuif en 2015 sous l’égide de Natalie Gandais, après trois séances de travail entre les usagers et un consultant, il a fallu se rendre à l’évidence : les deux départementales qui traversent Villejuif d’est en ouest sont trop étroites pour y aménager une piste cyclable. Il était prévu des itinéraires par les rues latérales, mais le maire sortant, qui n’a appliqué le Plan vélo qu’au dernier moment à la va-comme-j’te-pousse, n’a prévu aucun fléchage de tels itinéraires.

 

La crise sanitaire permet aujourd’hui au département, propriétaire de ces deux voies départementales, de bousculer un peu le maire de Villejuif. Y est-il prêt ?

    3 commentaires

  1. Merci pour l’info ! Heureusement que le département est là. Lundi nous verrons ce que ca donne avec les voitures…

  2. Merci pour ce test et pour ces remontées d’expérience. Effectivement, le département du Val-de-Marne n’a pas mégoté comme à son habitude pour favoriser les mobilités vertueuses. Plus souvent à la lumière du métro 15 Ouest, Est et 14 sud bien sur il faut le reconnaître. Mais bien souvent, ces infrastructures lourdes qui arrivent accompagnent des aménagements de voiries nouvelles et durables en faveur de la marche à pieds et du vélo. Les deux s’alimentent parfaitement puisque la puissance du métro ou tramway « ôtent » des des voitures sur les voiries ce qui libèrent d’autant plus la pratique du vélo. Mais dans le cas des pistes sanitaires, il s’agissait d’aller à contrario de cet objectif. Il nous faut moins de monde dans le métro , le bus et le tramway sans un report massif mortel sur la voiture. Avant la crise, il y avait 5 millions d’usagers des transports en commun. SI ces 5 millions d’usagers basculaient sur la voiture les conséquences seraient des bouchons et une pollution monstres (à noter que même si une infime partie reprend la voiture, ces bouchons existeront). L’objectif a donc été non pas d’engager des requalifications lourdes des voiries mais plutôt des aménagements en urgence offrant une alternative à toutes les infrastructures de transports les plus lourdes (métro 1, 7, 8, RER A,B,C,D,E, Tramway 7 et TVM). Chacune de ces lignes à son doublon vélo. Il a fallu lever les obstacles en 3 semaines que sont les dispotions techniques, les arrêtés de l’Etat qui touchent toutes nos Routes départementales sous statut de route à grande circulation (anciennes routes nationales devenues départementales mais encore sous contrôle de l’état pour toutes interventions). Nous avons engagé une vaste concertation avec le collectif régional vélo île de france avec qui nous avons discuté du réseau, du marquage, du balisage et des phases. Nous l’avons fait en 3 semaines ce qui est très court et a permis au CD94 de livrer pour le 11 mai ses 40 km. Cette première phase de marquage et de balisage a été pensé pour le 11 mai et non pour être une version finale. Nous avons priorisé en accord avec les associations de cyclistes une avancée rapide de l’emprise au sol plutôt que l’aspect abouti. Cela n’est pas sans poser de problèmes comme aux carrefours, la mobilité des plots ou certaines indications sur lesquels nous reviendrons dans les phases suivantes pour mieux stabiliser et protéger, mieux informer et donc mieux inciter à l’usage de la bicyclette. Le cas du bus dans la circulation est évoqué. C’est vrai je le constate et c’est un problème sur lequel nous travaillons mais avec peu d’options disons le . La largeur des voies ne permet pas le partage comme à Bicetre d’une voie bus+vélo.
    Il faut aussi agir sur la détention d’un vélo ; la mesure de 500 euro ne relèvent pas de la région mais d’IDFM (région et départements) et ne datent pas du covid19. C’est une bonne mesure additionnée à la location longue durée de vélo d’IDFM. Tout cela est disponible sur le site d’île de France mobilités. Il faut aller plus loin pour garantir le stationnement sécurisé en particulier dans les grands ensembles, une tarification sociale à la location longue durée et une baisse de la TVA de 20 à 5,5% sur les vélos. Voilà quelques premiers éléments dans le débat. Merci

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